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La peur vient de l'inconnu. Et pourtant, beaucoup de ce qui va venir est en
fait déjà là. Voilà pourquoi on peut très
bien imaginer notre futur à partir des importantes mutations
observées aujourd'hui. La complexité croissante des
réseaux, le besoin d'interopérabilité et les exigences en
matière de sécurité vont favoriser l'essor des services
informatiques.
L'informatique va passer de l'artisanat à l'ère industrielle. Comme il y a deux cents ans, lorsqu'on est passé des échoppes aux usines.
Le réseau sera l'élément déterminant du prix de revient.La croisssance des coûts des réseaux informatiques rend inéluctables ces mutations. Aujourd'hui, le coût de l'informatique est excessif, à cause de la prolifération désordonnée des réseaux locaux, des serveurs et des ordinateurs personnels, et à cause d'administrateurs trop amateurs. Pire, ces réseaux ne sont pas sécurisés. C'est pourquoi la gestion des technologies de l'information va passer des mains d'exploitants locaux à celles de grandes organisations, d'abord nationales puis internationales.
De plus, avec la distribution de la puissance de calcul dans les réseaux informatiques, le besoin pour une entreprise ou une administration de posséder don propre système informatique va diminuer. Le réseau lui-même peut jouer le rôle de l'ordinateur. Mais évidemment pas sous sa forme actuelle, où les liaisons télécoms sont de simples tuyaux parcourus par des impulsions électriques.
Pour les entreprises engagées dans la concurrence, le réseau va être l'élément déterminant du prix de revient de leurs systèmes informatiques. Dans ces conditions, les monopoles internes, avec leurs coûts excessifs, ne survivront pas.
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![]() "Avec l'augmentation prévisable de la puissance de calcul disponible sur les réseaux, plus besoin de posséder sa propre informatique: le réseau sera l'ordinateur."
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L'exemple de la diligence
Les constructeurs d'ordinateurs vont perdre le pouvoir économique au profit des fournisseurs de services. Dès lors, les opérateurs de réseaux, qui s'obstinent à mettre en place des tuyaux électroniques au lieu de prendre pied sur le marché de la distribution de l'information, pourraient bien être dépassés.
De nouveaux acteurs pourront réaliser de substantiels bénéfices en offrant de nouveaux services à valeur ajoutée. C'est un peu ce qui s'est passé à l'époque de la fin des diligences: lorsque les automobiles se sont imposées face aux voitures à chevaux, les constructeurs automobiles ont raflé la mise, ne laissant aux fabricants de diligences qu'un marché peu rémunérateur, celui de la construction des sièges.
De même que cordonniers, forgerons et fabricants de chandelles ne sont plus que des repères historiques ou ne survivent que dans des pays sous-développés, nos systèmes d'information actuels auront pratiquement disparu dans vingt-cinq ans.
Les nouveaux emplois iront ailleurs qu'aujourd'hui.Quant à savoir quel type d'informaticiens embaucher, c'est le flou le plus total! Tel directeur informatique dira: «Je veux des généralistes qui s'adaptent à n'importe quel environnement informatique.»A l'opposé, un autre voudra des specialistes très pointus et déclarera: «L'informaticien idéal doit connaître MVS, OS/2, NT et Netware. Le gourou réseau devra savoir mettre en oeuvre SNA, TCP/IP, et SPX/IPX, et le programmeur devra comprendre Cobol, Visual Basic et Power Builder.»Il y aura aussi le directeur informatique qui n'accorde pas tellement d'importance à la technicité et qui dira: «Mon but est de ne faire aucune différence entre un responsable système et un utilisateur final.»Lequel de ces trois points de vue est le plus défendable? Tout dépend à quel horizon raisonnent les directeurs informatiques. En tant qu'employés, ils ont du souci à se faire. Certes, il y a aura beaucoup d'emplois pour ceux qui domineront ce type de connaissances, mais pas chez les mêmes employeurs qu'aujourd'hui.
Anticiper sur les besoins des utilisateurs.Je n'ai aucun don de prophétie qui m'autoriserait à pr'dire ce qui va arriver. Mon anticipation est entièrement fondée sur la recherche des besoins réels des utilisateurs, avant de penser à la technologie. Si les gens peuvent définir de quelle technologie ils ont besoin et s'ils ont les moyens de l'acquérir, alors la technologie sera là. J'espère que cet essai demandé par 01 Informatique ne sera pas lu comme une prévision, mais comme une évaluation raisonnable des tendances actuelles qui se réaliseront bientôt.
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C.V. |